jeudi 29 novembre 2012

EPIC - Prix Farniente 13 + (2)


Bayard Editions 2011

Deuxième titre lu dans le cadre du prix Farniente 13 +. Un genre complètement différent du premier, Premier chagrin.  Pas un coup de coeur mais un bon moment de lecture tout de même.


L'histoire :
 
Dans le monde où vivent Erik et ses amis, toute violence est proscrite et les conflits comme les requêtes sont gérés de manière virtuelle, dans le jeu EPIC.  Beaucoup pensent que sans cela, les hommes basculeraient à nouveau dans les désordres qui ont poussé leurs ancêtres à fuir à travers l'espace... Pourtant, peu à peu, des voix s'élèvent pour dénoncer le pouvoir absolu détenu par le Centre des affectations.  Ses membres tout puissants orientent en effet le jeu à leur guise et décident, seuls, du destin de chacun...
En choisissant un nouvel avatar, Cindella, une jeune fille bien plus rusée et séduisante que costaude, Erik se retrouve plongé dans une quête qui risque bien de bouleverser à jamais le jeu comme la réalité ! 

 
Mon avis:
 
Encore une dystopie me direz-vous !  C'est vrai !  Cependant, l'originalité de ce titre est qu'il mélange virtuel et réel, quêtes épiques et réflexions politiques, fantasy et jeux vidéos... Un cocktail détonant assez réussi.
 
Virtuel et réel puisque la partie se joue sur deux tableaux : le jeu, où il s'agit d'engranger le maximum de richesses afin de s'équiper au mieux pour combattre les champions du Centre des affectations et, la réalité, où Erik doit faire face à l'exil de son père et aux difficultés grandissantes des familles paysannes qui l'entourent.
 
Quêtes épiques ensuite puisque, dans EPIC, ils sont plongés dans un monde d'héroïc fantasy peuplé de créatures plus féroces les unes que les autres, de chevaliers, de sorcières, de guérisseuses, de princesses à délivrer, etc.
 
Réflexion politique enfin.  Nos héros sont en effet confrontés à un système économique, juridique et politique qui les rassure mais finit par les annihiler.  Ils devront choisir entre un monde exempt de violence où tout se règle de manière virtuelle et un monde de libertés où ils devront réapprendre à se prendre en mains... 
 
"Fines facere mundo signifie "mettre fin au monde".  Il existe un moyen de le faire, et le trésor que vous cherchez recèle un artefac crucial pour qui envisagerait de tout détruire, bien et mal confondus."
 
Cette mutation ne se fera pas sans mal.  De nombreux ennemis se dresseront sur leur route...  A commencer par ceux qui occupent le sommet de la pyramide... 
 
"Epic n'était plus un jeu, le Centre des affectations en avait fait un instrument pour imposer sa loi et gouverner le monde réel en dépit du bon sens."
Aussi, cette révolution se vit à un rythme soutenu et on ne s'ennuie pas un seul instant tout au long de ces 467 pages, surtout que les chapitres sont courts et variés.  Le récit propose également une galerie importante de personnages, tant réels que virtuels.  Vous y trouverez certainement votre champion !  Pour ma part, j'ai apprécié l'entité mystérieuse qu'Erik rencontre dans le jeu, à l'origine et la fin de tout, à la fois incarnation du bien et du mal, ...
 
Quant à la fin, elle laisse place à de nombreuses interrogations.  A l'instar du vent de liberté qui a soufflé l'an dernier sur les pays du Maghreb et du Proche-Orient, les habitants de ce monde du futur auront-ils les moyens d'assumer leur destin ?  Quel pourrait être l'après EPIC ?
 
Enfin, pour conclure, l'auteur, sans avoir l'air d'y toucher, égratigne les accros aux jeux virtuels qui finissent par se déconnecter de la vie... 
 
"(...)  Epic est une fiction (...) !  Pourtant, les gens passent des heures et des heures dessus pendant que le monde réel s'effondre.  Il est urgent de se réveiller de ce rêve !" 
 
Alors, prêts à vous lancer dans la quête ultime ?
 
 
 
 

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