dimanche 29 juin 2014

Typos 1 - Fragments de vérité


"La vérité n'a pas d'odeur.  C'est tout le reste qui pue."

Maximum City, 2043.  Le groupe K-Lab a fait du mensonge son fond de commerce.  Pour les puissants peu scrupuleux de ce monde du futur et, contre monnaie sonnante et trébuchante, il manipule sans vergogne l'information et trompe la masse crédule.
Dans ce monde illusoire de propagande et de désinformation, quatre jeunes reporters entourés d'une poignée d'adultes idéalistes tentent de rétablir la vérité...   ou, tout le moins, des fragments de vérité. Alors que leurs ennemis usent et abusent des nouvelles technologies, ils reviennent au bon vieux papier et à un journal clandestin distribué sous le manteau dans les coins sombres de la ville. Mais la vérité a un prix... 

Nouvelle série pour le génial auteur des Ulysse Moore.  Seuls points communs entre les deux : l'incursion du fantastique et le combat contre une organisation malfaisante.  Ici, les héros ne sont plus des adolescents mais de jeunes adultes, deux garçons et deux filles. Ils ont tous les quatre développé des capacités surnaturelles.  Le premier est un vrai polygraphe humain.  Le moindre petit mensonge et sa peau se couvre de plaques d'où son surnom, Arlequin.  Le second, Dusker,  est doté d'une force surhumaine. Du côté des filles, Morph, comme l'indique son surnom, est capable de modifier l'apparence de ses traits. Quant à Gipsy, elle ne ressent aucune douleur.  D'où leur viennent ces capacités ?  Ce tome ne donne que très peu d'infos à ce sujet.

Il en est de même pour le cadre spatio-temporel. Si l'exemplaire du journal Typos joint au livre nous indique que l'action se déroule en 2043 dans la mégapole Maximum City, on n'en sait guère plus.  Où se situe cette cité ?  En Europe ?  Rien ne l'indique clairement.  Côté temps, on fait un bond de 30 ans. Que s'est-il passé pour nous durant ce laps de temps ?  Mystère.  Malgré d'indéniables avancées technologiques, le monde décrit par l'auteur semble directement dériver du nôtre. Même, plus loin, sous le couvert d'un récit d'anticipation, on peut y lire entre les lignes une critique des dérives de notre société. 

Car, le sujet de fond de cette aventure d'espionnage et de contre-espionnage, tourne bien autour de l'idée que tout qui détient l'argent et le pouvoir arrive à travestir la vérité à sa guise.  L'origine italienne de  Pierdomenico Baccalario n'est sans doute pas étrangère à ce choix narratif !

Les jeunes lecteurs ne chercheront sûrement pas cette filiation mais ils ne manqueront cependant pas, à l'issue de cette lecture, de réfléchir sur la crédibilité de la masse d'infos auxquelles ils sont confrontés à longueur de temps et l'absolue nécessité de développer leur esprit critique.  Impossible en effet, une fois de livre refermé, de continuer à prendre pour argent comptant tout ce qu'on nous fait avaler !

Au-delà de ce fil rouge, marque de fabrique de cette nouvelle série, ils apprécieront également le côté aventure du récit, quasi exempt du moindre temps mort.  Des chapitres très courts et la multiplicité des points de vue renforcent encore plus cet effet.  Et, en cela, on est très proche de séries comme Alex Rider d'Anthony Horowitz ou de Cherub de Robert Muchamore.

Toutefois, l'univers créé par Pierdomenico Baccalario est loin d'avoir révélé tous ses secrets.  Bien au contraire, de nombreuses questions restent en suspens, que ce soit sur les personnages, l'organisation Typos ou cette société du futur.

Le lecteur, ferré, n'aura de cesse d'attendre octobre 2014 pour découvrir la suite en français !

Pour aller plus loin :

2 commentaires:

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