samedi 14 avril 2018

La vitesse sur la peau


"(...) une plante a plus d'activités que moi, elle fait des bourgeons, des fleurs, elle darde son parfum.  Moi, je suis un bonsaï dans un tout petit pot, mes racines dociles se recroquevillent pour ne pas faire d'histoires."

Depuis un drame familial, Elina a arrêté de vivre, se coupant peu à peu de toute vie sociale, se contentant de végéter...  Son refuge, un banc du Jardin des Plantes où elle regarde sans le regarder le monde qui continue à avancer. 
Et puis, un jour, un petit grain de sable, une rencontre inattendue fait redémarrer les rouages.  D'abord ceux de son corps rouillé puis ceux, plus fragiles, plus délicats de son cœur et de son âme...

Ce petit roman de Fanny Chiarello nous emmène sur les chemins de la résilience, pas plus simples à emprunter à l'adolescence qu'à l'âge adulte. On y suit au pas de course, au sens propre comme au sens figuré, le parcours de renaissance d'Elina.  Un parcours qui, loin d'être un fleuve tranquille, réserve son lot de rebondissements. 

Le lecteur attentif les décèlera un peu à l'avance, lisant entre les lignes le "tour de cochon" que lui réserve la vie.  Pas bien grave, on se laisse malgré tout griser par ces échanges humains qui se renouent, par ce destin joueur qui souffle le chaud et le froid, par cet espoir qui reste tapi en attendant son jour pour éclore.

"Rien ne justifie de renoncer à la vie.  En l’occurrence, renoncer à la vie n'a jamais fait revenir personne d'entre les morts."

L'écriture est nerveuse, pleine d'émotion et de vie.  L'auteure arrive sans peine à nous partager la psychologie de ses personnages ; à mettre des mots sur le festival d'émotions qui suit la perte d'un être cher ; à nous permettre de (re)découvrir que, pour chaque situation, tout est une question de point de vue, que, comme pour tout, il n'existe pas qu'une seule vérité !  

"Tu sais, la vérité ondule comme des herbes hautes dans le vent."

Le tout ponctué de références musicales qu'on aimerait entendre nous aussi, quitte à enfiler jogging et baskets et ressortir ce bon vieux Walkman et son casque en mousse !


Pour aller plus loin :

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